lundi 9 janvier 2012

Gaël a passé 3 mois à l' école missionnaire , ... il nous raconte ...

Je suis donc arrivé à la communauté le lundi 3 octobre au soir ; à mon arrivée, j’ai retrouvé ce cher "fieu" Louis que j’avais rencontré à Lourdes 3 ans auparavant. C’était une bienheureuse coïncidence, ou plutôt providence, de se retrouver à faire l’école missionnaire ensemble ! Le lendemain un groupe de jeunes de l’école du Berlaymont était en retraite à la communauté et Zena m’a demandé de témoigner. J’ai refusé. J’avais quand même besoin d’atterrir un peu… Le jeudi par contre, une autre classe du Berlaymont était de nouveau là et cette fois je n’ai plus pu l’éviter, et j’ai donné le 1er de mes nombreux témoignages au sein de l’école missionnaire. Ensuite le lundi suivant on partait déjà pour la plus grosse mission de mon temps missionnaire : une semaine dans le Sud de la France (vers Bordeaux) où on a rencontré en 3 jours presque 1000 jeunes entre 6 et 16 ans environ. Comme atterrissage, y avait pas moyen de faire plus chaotique…
Cette 1ère mission fut super intense, et donc assez dure pour un novice, et du coup j’avoue que d’une certaine manière je suivais d’un peu plus loin. C’était vraiment exceptionnel de voir Jésus et l’Esprit Saint à l’œuvre à travers mes frères et sœurs ; de mon point de vue de spectateur privilégié que j’étais, il y avait vraiment quelque chose de mystique à les voir œuvrer pour le Royaume. Ils avaient le feu et y allait à fond sans aucune crainte et encore moins de complexe pour embraser les cœurs de nos jeunes frères et sœurs. C’était vraiment impressionnant et j’ai certainement été (avec Louis sans doute) le plus enflammé de tous les jeunes !
En rentrant de cette grosse semaine de mission, nous avons eu notre retraite de rentrée de l’école missionnaire. Chose tout à fait normal dans la communauté du Verbe de Vie m’a-t-on dit ! On dit que Dieu est hors du temps, je commençais à mieux comprendre ce que cela voulait dire, ou plutôt à ne plus rien comprendre du tout, ce qui revient un peu au même : au plus on avance dans la foi, au plus on se rend compte que les voies de Dieu sont vraiment impénétrables. Je crois que la communauté du Verbe de Vie a une grâce toute spéciale pour bien faire prendre conscience de cela !!! L’improvisation et la spontanéité inattendue sont toujours au rendez-vous !
Ensuite, après cette semaine de retraite, la vie de tous les jours avec la communauté a vraiment commencé. Les journées étaient composées grosso-modo de prière et de service pour le matin, de prière, d’enseignement et d’étude pour l’après-midi, et de détente pour le soir. Et puis deux ou trois fois par semaine des missions ponctuelles, soit avec les jeunes de l’école du Berlaymont, soit avec les veillées d’effusion de l’Esprit Saint près de Mons. Ces veillées d’effusion ont été pour moi une réelle rencontre avec l’Esprit Saint, qui a vraiment pu se forcer un passage en moi à travers les lourds encombrements de mon âme ! Il m’a ainsi apporté un courant d’air frais et libérateur qui n’a depuis lors plus cessé d’apaiser, d’alléger et de renforcer mon cœur ! C’est un courant doux (lent…) mais puissant et sûr qui ne se laissera (je crois !) pas arrêter.
Enfin début décembre, nous avons encore été faire une mission d’une semaine dans le Sud de la France (à Périgueux), une mission paroissiale cette fois, en vue de la fête de Noël qui s’approchait à grands pas. Comme j’avais un petit peu plus pris le rythme de la communauté, j’espérais pouvoir participer plus à fond à la mission que la 1ère fois ! Manque de bol (ou volonté divine, qui sait…) je tombe malade le 1er jour de la mission, et je resterai malade jusqu’au dernier. J’ai donc été forcé (sans trop d’effort de ma part, j’avoue) de faire le pacha… Mais ce handicap pour mon corps n’en fut pas un pour mon âme car je l’ai vraiment vécu dans un esprit d’abandon, en ne comptant plus que sur la grâce de Dieu pour faire ce à quoi je devais malgré tout participer (entre autres des louanges, l’animation d’enfants, un témoignage, et le grand jeu scénique de la brebis perdue, ce qui n’était quand même pas rien !). Et ce fut très très beau, j’ai vraiment eu la force nécessaire au moment où j’en avais besoin !!
Pour terminer ce temps missionnaire à la communauté, j’y ai pu enfin vivre toute la période de l’avent jusqu’à la fête de Noël. Ce fut une période remplie de grâces et de bénédictions ! Je n’avais jamais pu autant vivre l’avent et fêter Noël auparavant puisque lors des études cette période concorde avec le blocus et les examens ! Vraiment cette expérience fut hors du commun, je crois que c’est l’expression la plus adéquate.
En somme, je considère comme une chance inouïe d’avoir pu partager cette vie pendant 3 mois avec vous !! Quand j’y repense et que je regarde tout ce qu’on y vit, tout ce qu’on y partage, c’est vraiment… dingue !! C’est une vie tellement en décalage avec la vie dans le monde, tout en restant en lien avec lui… C’est comme vivre sur une île, qui a ses propres lois (celle de Jésus), sa propre culture (celle des pécheurs qui marchent sur le chemin de la sainteté), et même sa propre langue (celle de l’Église).
Les jours se sont ainsi égrainés, assez lentement en fait, avec une monotonie qui forge à la patience, à la simplicité, à la "zen attitude", ou sinon au pétage de plomb. Pour tenir bon on est obligé de se centrer sur Jésus, sur la charité fraternelle, sur le Royaume des Cieux. Sans ça, je crois sincèrement que ça ne serait pas tenable… Mais avec ça, j’en suis témoin aujourd’hui, par expérience directe et indirecte, la Paix demeure et le Joie prend très souvent le dessus. Mais c’est toujours un combat ! Quel miracle d’avoir la volonté de s’engager définitivement dans une telle vie. Quelle témoignage époustouflant de la puissance de la grâce ! Quelle force vous anime pour que vous teniez bon dans cette traversée en pleine mer sans nul rivage à perte de vue !! Qu’est-ce qui peut bien motiver à ce point une telle vie !?
J’en ai fait moi-même l’expérience, il n’y a qu’une chose capable de rendre possible une telle vie, c’est l’amour personnel et passionné du Christ pour chacun individuellement. C’est une aventure à plusieurs, mais c’est la relation intime, secrète, et absolument unique avec le Fils unique du Père qui est l’unique raison de ce choix délibéré et en même temps l’unique objectif final recherché. Son amour passionnel pour chacun d’entre nous individuellement allume en nous à notre tour une passion de plus en plus grande pour Lui ! C’est alors que l’on peut dire comme dans le Cantique des Cantiques : « J’ai trouvé celui que mon cœur aime. Je l’ai saisi et ne le lâcherai point... » (Ct 3, 4). L’amour pour Jésus brûle en chacun de vous comme un foyer ardent, c’est l’unique solution possible à cette énigme mystérieuse qui vous fait vivre ensemble si loin du rivage. Je me décourage d’un jour arriver à l’aimer aussi fort que vous, pourtant moi aussi, grâce à ce temps béni que j’ai passé avec vous dans cette barque, « Je l’ai saisi et ne le lâcherai » plus ! Comme l’a dit Saint Pierre dans l’évangile de Jean, à qui pourrais-je aller !? Il a les « paroles de la vie éternelle » (Jn 6, 68) !
Je ne pourrai jamais assez remercier le Seigneur d’avoir pu vivre ce temps avec vous ! Je me sens aussi chanceux que les disciples eux-mêmes qui ont pu suivre directement Jésus lorsqu’il était sur cette terre il y a 2000 ans ! Je remercie infiniment chacune des personnes de la communauté, sans qui cette aventure n’aurait pas été possible. Et je profite de la présence de mes parents et grands parents pour les remercier également infiniment, car sans leur fidélité au Seigneur, je ne serais certainement pas ici ! Au bout du compte, ce sont eux les 1ers responsables de ma rencontre avec notre Créateur et Père d’adoption ! 1000 fois merci !
Bonne route à tous, et de toute façon à très bientôt !!

"Fieu" Gaël



Toute la communauté souhaite à Gaël une bonne continuation dans sa nouvelle vie, des bonnes vacances, et une sainte année 2012 ! En espèrant te revoir très bientôt, soit assuré de nos prières !















0 commentaires:

Enregistrer un commentaire